Violences sexuelles Madagascar : un fléau à combattre

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Les cas d’abus sexuels perpétrés à l’encontre des femmes et des enfants se sont multipliés ces derniers mois à Madagascar. Viols, violences domestiques et autres actes innommables font la une des journaux locaux et nationaux. Face à la situation devenue ingérable, la population s’indigne, crie à la justice et demande un meilleur suivi des cas.

Violences sexuelles : jusqu’où peut-on garder le silence ?

Partout dans le monde, des femmes de tout âge se font agresser sexuellement, violenter et subissent des viols incestueux. Si les causes diffèrent selon les cas, le résultat est le même : les victimes traînent derrière elles un réel traumatisme. Dépression et mutisme sont en effet les corollaires des actes de violence sexuels. Ailleurs, de nombreux recours et aides sont proposés aux victimes. À Madagascar, la mise en place de dispositifs de prise en charge des victimes rencontre des écueils. Face à ce constat navrant, les familles des survivantes ne savent plus vers qui se tourner. Il faut dire que la lenteur des procédures judiciaires actuelles au pays ne facilite pas les choses. À cela s’ajoute le fait que les centres d’écoute sont trop peu nombreux et que l’accès aux soins médicaux et aux aides psychologiques n’est pas donné à tout le monde.

Si les cas rapportés sont rares, c’est parce que les campagnes de sensibilisation manquent. Avec le grand chahut qu’ont fait les unes de la presse locale, il semblerait toutefois que les gens sont plus enclins à signaler les cas d’agressions sexuelles. L’on sait que la proportion de femmes qui choisissent de dénoncer leurs agresseurs et de s’adresser aux services médicaux pour des problèmes liés à des cas de violences sexuelles est minime. L’on peut ainsi se réjouir qu’une barrière a sauté, et ce, grâce à la médiatisation des récents cas de viols et d’agressions sexuelles. Malgré cela, tout reste à faire et pour arriver à réellement améliorer les choses, il faudrait commencer par changer les mentalités. Tout part de là.

Prévenir les violences sexuelles envers les femmes et les enfants

Trop longtemps passé sous silence, ce fléau ne cesse de prendre de l’ampleur. Pour apaiser les mœurs, Mialy Rajoelina, la première dame, a choisi de s’exprimer dans les médias et dénonce les actes qu’elle qualifie d’odieux et d’inacceptables. Lors d’une interview sur la chaîne nationale qui fut ensuite relayée sur la page Facebook de l’association Fitia, elle a déclaré que les auteurs de pareils sévices doivent être punis. Elle a suivi le déferrement de l’auteur d’un viol commis sur 3 filles et un bébé d’à peine 18 mois et les accompagné lors de la prise en charge médicale. Elle en est ressortie effondrée. La première dame s’est également déplacée pour rencontrer de jeunes filles victimes d’agressions sexuelles dans un centre éducatif à Itaosy.

Le président, Andry Rajoelina, de son côté, a également pris des initiatives dans la lutte contre les violences sexuelles Madagascar, surtout ceux perpétrés à l’encontre de mineurs. En témoigne la création du centre Vonjy, au sein du centre hospitalier de référence régionale Philibert Tsiranana d’Amboanato, à Tolagnaro. Pour rappel, c’est le sixième centre de ce genre à avoir été mis en place à Madagascar après celui d’Antananarivo (2015), de Toamasina (2016), de Mahajanga et Nosy Be (2017) et Toliara (2020). D’autres initiatives de ce genre devraient suivre dans les prochains mois. Espérons que ces initiatives porteront leurs fruits.